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Barney et Câline

Le 6 octobre 1999, un transporteur d’animaux nous parle d’un couple d’ânes de 3 et 4 ou 5 ans qu’il veut vendre à un encan. La femelle serait gestante. Je vais les voir en Ontario à 50 km de chez moi et je découvre deux bêtes magnifiques, curieuses et dociles, très familières.

Article mis en ligne le 19 novembre 2015

par christian
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 Un refuge paisible pour Barney et Câline

À l’ouverture de la bétaillère, les animaux étaient couchés l’un sur l’autre, le cou pendu en l’air, attaché par une corde et gémissaient et suffoquaient. Je me précipitais pour les libérer et ils retrouvèrent la liberté avec un plaisir évident. Je les examinais pour découvrir d’éventuelles blessures et ils paraissent en bonne santé. .

Barney et Câline sont beaucoup plus grands et imposants que Sisi, Prunelle et Verdi, le double de taille au moins. Madame Câline serait pleine et attendrait un petit pour juin prochain. Ils ont des pattes d’une grosseur impressionnante.

Je mets donc Barney et Mme Câline dans l’enclos avec Prunelle et Verdi. Malgré la différence de taille, la petite prunelle à coup de ruade, de marche à reculons d’intimidation... prend le dessus sur les ses deux nouveaux compagnons et fait régner sa loi. Barney, ne pouvant assouvir ses bas instincts sur Prunelle, se venge sur le brave Verdi qui, indifférent ne semble pas lui en tenir rigueur .

Le premier jour, l’heure de rentrer les chèvres et Sisi arrive. Je fais traverser l’enclos des ânes aux chèvres sans incident. Barney et Câline ont plutôt l’air de les trouver sympathiques. Quand vient le temps de rentrer Sisi, les choses se gâtent. Barney à la vue de Sisi devient enragé et essaie de forcer la porte de la clôture. Sisi prise de peur, s’emmêle dans le grillage, tord un piquet de parc et retourne dans son champ. J’essaie d’éloigner Barney une vraie mêlé digne du 15 de France s’engage. Il me pousse et m’écrase contre un poteau, écrasé,je suffoque, je me dégage en lui tapant sur le museau. Il veut avancer, je le bloque avec mon épaule et je le force à reculer je ne sais comment, vu sa taille et son poids. L’idée farfelue de le rentrer dans l’écurie me vient, bien sûr, il n’est pas de cet avis et un nouveau duel s’engage. Je dois renoncer après maints efforts et force de persuasions. Je retourne voir Sisi et j’essaie de la rentrer dans l’étable par une autre porte. Un malheur ne venant jamais seul, elle se bloque sur ses quatre pattes et refuse de bouger. Après avoir tout essayé, J’ai dû pratiquement la porter pour la rentrer. Prise de pitié devant mes efforts désespérés, elle daigna rentrer d’elle-même et rejoindre ses amies chèvres.

Enfin, tout est rentré dans l’ordre, le calme est revenu et la cohabitation semble se faire maintenant sans problèmes.

Barney pousse de temps à autre des braiments impressionnants. Ils adorent se laisser brosser, ils sont très affectueux lorsque nous venons les voir avec des carottes et très calmes. Par contre, ils sont toujours un peu craintifs.

Nous voulons commencer à les éduquer d’ici peu.

 Sniff, salut bébé

Le 10 novembre Florient, mon fils, vient me voir tout affolé, un fœtus est couché sur le sol de la grange. Je me précipite et je découvre le bébé de Câline mort sur le sol de la grange. Elle a fait une fausse couche. Verdi et prunelle sont calmes et familiers, mais Barney et Câline sont craintifs et refusent les caresses. Câline en particulier semble très effrayée et fuit toute approche alors qu’elle est si familière d’habitude. Que c’est-il passé ? Le vendeur m’a confié qu’elle avait perdu un bébé l’année précédente. Il était né en plein hiver et n’avait pas supporté le froid. À force de carottes, nous la cajolons de notre mieux.

 L’isolement

Nous avons isolé Câline sur les conseils du véto. Nous l’avons mise dans une étable seule. Elle a droit à nos soins les plus attentifs, mais elle est atteinte de démangeaisons et se gratte tellement qu’elle s’arrache des touffes de poils. Nous la remettons avec Barney après deux mois d’isolement et de soins, sa fourrure endommagée repousse tant bien que mal, mais elle reste toujours un peu craintive

 Des sabots tout neufs

Le printemps arrive et nous trouvons enfin les coordonnées d’un tailleur de sabot. Câline se laisse convaincre sans difficulté qu’une séance de manucure lui ferait le plus grand bien. Elle a perdu ses sabots style les pompes d’Achile Zavata pour son plus grand plaisir, quand elle marche, on a plus l’impression qu’elle fait du ski et elle a même gambadé joyeusement ! Barney a eu aussi droit à son sabotage (rabotage de sabot devrais je dire ! ) il a fait preuve de patience quoiqu’il ai fallu le tenir fermement à deux, car il a eu quelques moments d’impatience, surtout quand Prunelle est venue le narguer. Par contre, il a un sabot bouffé par un champignon, et il a eu droit à une coupe sévère pour aérer et détruire ce parasite.

 La sortie de Barney et Câline vers de verts pâturages ou c’est tu têtu un âne !

Un dimanche matin, nous avons eu l’idée saugrenue et farfelue de vouloir sortir du parc mitoyen à la grange Câline et Barney pour les amener dans un parc verdoyant ou Zygo, qui s’ennuyait seul, les attendait. Ce fut sportif. Nous avons utilisé la ruse de la carotte sur Barney pour lui faire franchir la porte, mais rien à faire. Il se trouvait bien dans son parc et n’avait pas envie de partir à l’aventure. Nous avons essayé la persuasion pendant une bonne demi-heure, mais en vain. Têtu, il refusait de franchir la porte même pour croquer les bouts de carottes que j’avais dispersées. Nous avons changé de méthode, un devant qui tire, deux derrière qui poussent ! Il a fallu pratiquement le porter pour qu’il passe la porte. Bien sûr, bien campé sur ces quatre pattes, il tirait dans l’autre sens. Nous avons changé de technique, deux qui tirent, un qui pousse en lui levant l’arrière-train. Déséquilibré et surpris, il a fait deux petits mètres et a franchi la porte. Ensuite, une fois dehors tout s’est bien passé. En broutant de çi, de là, il a rejoint Zigo dans son nouveau domaine.

 Barney et Zigo, premier round

Les paysans du cru m’avaient prévenu, si tu mets deux mâles ensemble, ils vont se tuer... Avec un peu d’appréhension, je lâchais Barney dans le royaume de Zigo et ce fut le drame ! Drame pour les mauvaises langues uniquement, il ne s’est rien passé, pas de batailles épiques, pas de combat à mort, mais une nouvelle amitié entre deux ânes qui passent leurs journées à jouer et à se chamailler.

 C’est-tu têtu une ânesse ! Pire qu’un âne !

Quand le moment de sortir Câline est arrivé, nous avions quelques inquiétudes et étions prêts à démonter quelques mètres de clôture au cas où elle s’obstinerait à rester dans son parc. Notre première tentative de persuasion à coup de carotte a été un échec total sauf pour Câline qui s’est empiffrée joyeusement. Nous avons décidé d’utiliser la technique Barney et ce fut un nouvel échec. Elle s’est tout simplement couchée sur le ventre dès qu’elle a vu qu’elle allait passer la porte. Nous avons connu un profond moment de découragement doublé d’un fou rire devant la cocasserie de la situation. Une idée de génie m’effleura l’esprit. Je pris une bassine d’eau que je versais sur le sol déjà boueux. Nous entreprîmes de relever Câline et nous recommençâmes notre tiré-poussé. Le sol détrempé et glissant se transforma vite en patinoire et Câline se retrouva en un clin d’oeil dehors. Elle brouta, avança avec réticence jusqu’au chemin et là, bloqua. Impossible d’avancer, de reculer, de tourner, un roc, une montagne, un Himalaya de muscles immobiles, statufiés au plus grand désespoir de l’ânier qui en perdait son latin ! Herbe, Carotte, Trèfle, gâteries, caresses, rien n’y fit. Une statue ! Cinq mètres à franchir... Nous avons dû la tirer, la porter, la traîner, pour franchir ces cinq petits mètres qui nous parurent des kilomètres ! Enfin, une fois le chemin traversé, elle partit gambader dans le près et retrouva Barney et fit connaissance de Zigo.

 Le pourquoi de la chose

Barney et Câline n’ont jamais été dressés et comme la majorité des ânes que j’ai rencontré dans les environs, ils n’ont eu de contact qu’avec des vaches. Chaque contact avec des hommes se soldait par des brutalités (chocs électriques, coups de piques ou de bâtons, torsion de la queue...) afin de les faire avancer, monter dans le camion... Leur confiance en l’être humain est donc des plus limitées... Le transport de Câline et Barney vers chez moi fut une véritable séance de torture pour ces pauvres bêtes. Malgré tout, nous les promenons dans leur parc, les brossons et jouons avec afin de leur redonner un peu de confiance en l’être humain et les résultats sont encourageant.

 Câline enfin Maman

Au cours du printemps 2001, le ventre de Câline s’arrondit et devient impressionnant. Les mois passent et elle grossit encore ! Le 7 août à l’heure bénie de la sieste, Câline met au monde Cloclo ! Ses mamelles sont bouchées et le petit ne peut pas téter ! l’heure est grave ! découvrez la suite sur la page de Cloclo.

Câline est beaucoup plus affectueuse qu’avant, moins craintive et elle s’occupe avec beaucoup de dévouement de son bébé.

Elle a élevé son bébé en bonne mère jusqu’au 18 août 2002, Cloclo vit maintenant avec de nouveaux amis et à l’air de devenir très copain avec Sisi et Cloé. Par contre, il est resté quelques heures avec Verdy et j’ai dû les séparer, car Verdy l’agressait et le mordait très méchamment.

 L’adoption de Barney et câline

Les 18 et 19 août 2002, Barney et Câline nous ont quittés pour aller à 500 mètres de là chez un voisin qui désirait les adopter. Ils ont maintenant une nouvelle copine, une jument.

Pour Barney, le déménagement c’est fait sans problèmes. Barney est rentré dans la grange, la bétaillère reculée devant la porte, un qui tire, un qui pousse, quelques mots doux, quelques caresses et hop il entre, on ferme les porte et le transporte dans son nouveau parc 500 mètres plus loin chez le voisin. Il se retrouve dans un champ de plusieurs hectares qu’il partage avec une jument. Barney, l’étalon plein de fougue à peur de la jument qui le pourchasse une bonne dizaine de minutes. Ensuite la jument rentre à l’écurie et Barney, timide s’en approche. Dès que la jument s’approche, il se sauve. Chaque fois, il s’approche un peu plus près de la jument, hume l’air et pousse un hennissement. À ce rythme, demain ils sont copains... Par contre pour Câline, la femelle, rentrer dans la bétaillère est impossible. On a tout essayé, tirer, pousser, lui lever l’arrière-train... quand elle voit que passer la porte est inévitable, elle se laisse tomber, se couche et ne bouge plus ! Le maquignon qui me l’avait vendu l’a presque tuée lors d’un transport et elle en a perdu un bébé . Elle a une terreur des bétaillères. Nous avons donc laissé la bétaillère reculée devant la porte, pleine d’avoine et de foin et on attend la suite...

21h, 22h, 23 h, Minuit, elle regarde toujours en bavant d’envie le seau d’avoine au fond de la bétaillère...
À 6 heures du matin, on trouve Câline repue tranquillement installée dans la bétaillère !
Comme disait notre bon ami Jean de Lafontaine (pas si bon que ça, car il a beaucoup calomnié les ânes...), plus fait douceur que violence.
Elle est partie rejoindre Barney et sa nouvelle copine la jument.
Nous sommes très tristes de voir Câline partir et nous irons la voir bientôt. Elle va être bien soignée et choyée la chanceuse !


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Le refuge me coute environ 5500 $ (sans compter les heures, les frais de bâtiments, clôtures, taxes...) par an et je n’ai AUCUN financement

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