Ferme et âsinerie situées dans la Petite-Nation.La Ferme Âsinerie Luvio a débuté ses activités en 2003. Elle est située dans la belle région de la Petite-Nation, en Outaouais . Notre ferme axe principalement ses activités sur une agriculture dite "Propre ": aucun herbicide ni insecticide n'est employé, nos animaux ne reçoivent aucun antibiotique, à moins que la vie de l'animal soit en danger. En fait, il s'agit d'un choix d'agriculture qui nous ramène à la vraie valeur de la terre dans ce qu'elle accepte bien de nous donner. Toutes nos petites plantes et nos animaux sont donc bichonnés et nous suivons de façon quotidienne leur développement. Les changements peuvent nous révéler des anomalies futures, nous donnant donc la possibilité de traiter la cause et non seulement les effets.
La Ferme Âsinerie Luvio a comme toute bonne ferme qui se respecte, des animaux. Ce qu'il y a de particulier c'est que nos animaux vivent dans un environnement décloisonné, donc les espaces qui leurs sont assignés pour gambader sont grands et pas question de petite cage sauf pour les animaux qui mettent bas ou ceux qui sont malades (nous devons être prudents, car nos animaux eux aussi sont exempts de produits chimiques sauf pour les ânes qui sont vermifugés et vaccinés). Nous avons des poulets, des dindons, des lapins, des vaches, mais nous avons un attrait particulier pour nos amis à grandes oreilles, nos Ânes.
Pourquoi des Ânes???
Cette question maintes est maintes fois posée... Voici un petit récit au cours duquel vous comprendrez peut-être notre amour pour nos amis aux grandes oreilles. Nous avons 2 fils. 2 gentils garçons qui se ressemblent beaucoup dans leurs valeurs, des enfants qui adorent les animaux. Notre aîné a cependant un handicap, il a une déficience intellectuelle modérée. Nous avions essayé à multiples reprises de l'exposer, connaissant son amour des animaux, aux animaux de grandes tailles par exemple les chevaux, mais la crainte et la peur s'emparaient de lui... À l'été 2002, nous avons lors de nos vacances au Nouveau-Brunswick eu la chance de rencontrer un âne... Curieusement, notre fils n'eut point peur de cette "grande crapule aux grandes oreilles, aux dents trop grandes pour cette gueule souriante lorsque son cri se faisait retentir". Nous avons donc commencé à faire des recherches sur l'âne et ses vertus sur les gens vivant avec une déficience intellectuelle.
De recherche en recherche, de courriel en courriel avec nos amis européens concernant l'asinothérapie, à un moment donné, un ânier français m'a donné le nom d'un ânier québécois. Après quelques courriels, nous avons constaté que nous venions de la même région... Christian, du Val-à-l'âne n'hésita point et nous invita à visiter son âsinerie. Après quelques minutes dans le parc des ânes avec notre cadet, notre aîné a décidé (avec l'aide de maman) de venir rencontrer les ânes (une dizaine), de nos nouveaux amis Christian et Monique. Curieusement les ânes voyant la légère crainte, il y a eu comme une sélection automatique de ceux qui allaient l'approcher versus ceux qui attendraient un peu. Il y a une image magnifique qui nous restera imprégnée, c'est celle d'une grande ânesse qui pendant que notre fils regardait les ânes se roulait dans le foin, se faufila doucement derrière lui et lentement se passa le museau en dessous de son bras, c'était sa façon à elle de dire à notre fils bonjour, on t'aime bien nous, ta différence nous importe pas... Comme si les grandes oreilles savaient défricher le langage verbal non conventionnel de notre fils... Dès ce moment, j'ai su que j'avais un défi à relever, essayer de devenir un nouvel ânier, mais il me fallait un professeur...
Évidemment, j'avais la chance d'avoir dans ma région la référence au Canada en ce qui concerne les ânes. Mais allait-il accepter de me transmettre ces connaissances ? C'est parce que je ne connaissais pas encore Christian que je me suis posé la question. Christian accepta et pendant des semaines, j'eus la chance d'apprendre et apprendre sur les ânes. Christian n'étant pas avare sur le transfert de ses connaissances et étant un vrai moulin à parole, sautant de l'historique à la nutrition, aux légendes, etc., je me souviens de m'arrêter sur le chemin du retour après mes journées de stages pour compiler dans mon petit calepin des informations précieuses que ce grand barbu avait bien voulu transmettre au nouvel ânier imberbe que j'étais.
Nous avons eu la chance de connaître Christian, Monique et leurs enfants et aujourd'hui nous avons notre petite ferme sur laquelle vivent un petit troupeau d'ânes (une douzaine), principalement des miniatures. Le seul petit regret que nous avons est, qu'étant donné que nos fermes sont situées aux 2 pôles de l'Outaouais et que le travail sur la ferme ne nous permet pas de nous absenter sur une longue période, les dîners souper avec Christian et sa famille à parler d'ânes avec en arrière plan les "vieilles tounes classiques françaises " et les jeux de mots tournant souvent en série France vs Québec, sont difficilement planifiables. Une chance qu'internet et le téléphone existent !
Christian demeure et j'en suis fier, mon mentor, mais.... j'espère qu'un jour, l'élève non pas dépasse le maître, mais que l'élève aura la chance un jour de transmettre à un petit nouveau provenant de nulle part ces connaissances et son amour des ânes qui lui a été transmis si généreusement. Merci Christian, merci Monique !
Pierre, ânier et fier de l'être.
PS: la Ferme Luvio a cessé ses activités en 2008 pour raisons de santé. Les nouveaux propriétaires ont repris les ânes.
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