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Kwashiorkor et sevrage précoce de l’ânon

Chez les humains, le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition protéino-énergétique sévère de la première enfance. Les ânon sevrés trop tôt en souffre également.

Article mis en ligne le 29 octobre 2015

par christian
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Wikipédia nous apprend que chez les humains :
Le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition protéino-énergétique sévère de la première enfance. Le terme, qui signifie enfant (kwashi) rouge (orkor) dans la langue des Ashanti du Ghana, fait référence à la rougeur de la peau des enfants qui en sont frappés. Le kwashiorkor touche principalement les jeunes enfants qui, âgé de six mois à trois ans, à la naissance d’un second enfant dans leur famille, sont brutalement sevrés et passent à une alimentation trop pauvre en protéines.

Les symptômes précoces sont très généraux : anémie, apathie, fatigue, irritabilité, léthargie.
Si la carence perdure, on constate une hypoprotéinémie et de nombreux troubles surviennent :

  • croissance retardée ou arrêtée ;
  • diminution de la masse musculaire, amaigrissement ;
  • œdème de l’abdomen (grand ventre protubérant) et des extrémités ;
  • atteinte des cheveux et de la peau (éclaircissement ou rubéfaction, fragilisation, desquamation, dermatite, vitiligo, lésions) ;
  • troubles digestifs (diarrhée, gastro-entérites) ;
  • atteinte du foie (hépatomégalie) ;
  • atteinte de la fonction rénale ;
  • immunodéficience ;
  • troubles mentaux.

À un état avancé, les fonctions vitales sont atteintes, ce qui entraîne un état de choc, le coma puis la mort [1].

Beaucoup d’ânons sevrés trop tôt vont souffrir à différents degrés d’une forme de kwashiorkor. Ils auront une santé précaire, des comportements anormaux et il y a un important risque de mort prématurée. Pour compenser l’arrêt du lait maternel, chacun à sa recette, moulée pour poule, pour mouton, pour chevaux, mélanges de grain, homéopathie, mélanges miracles vendus à prix d’or... toutes inefficaces et créant plus de problèmes que cela n’en résout. En effet, souvent les ânons sont suralimentés, ce qui les rend agressifs voire dangereux sans résoudre leur problème de malnutrition !

En effet tous ces aliments aussi riches soient-ils ne compensent pas l’absence de lait maternel. Nous allons essayer de comprendre pourquoi et de trouver des solutions.

 Dans la nature

Dans la nature, l’ânon est sevré naturellement par la mère entre 12 et 15 mois à la naissance de l’ânon suivant. Si la mère ne retombe pas enceinte, l’ânon peut continuer à téter jusqu’à l’âge de deux ou trois ans.
Au cours de sa croissance rapide, l’ânon a des besoins nutritionnels importants. Son petit estomac ne peut ingérer que de petites quantités d’aliments alors que ses besoins sont grands. Très tôt, l’ânon broute mais l’herbe ne suffit pas à le nourrir. Le lait maternel lui apporte un complément en protéines, en énergie, en minéraux, en oligoéléments, vitamines... facilement assimilable. Mieux encore, au fur et à mesure de la croissance de l’ânon, la composition du lait maternel change pour s’adapter aux besoins de l’ânon. Dans la nature où l’ânon est sevré naturellement à l’âge d’un an au minimum, il n’y a pas de kwashiorkor.

 En élevage

Tout bon ânier, respectueux des rythmes de la nature et du bien-être de ses ânes, laissera la nature faire son œuvre et attendra le sevrage naturel de l’ânon.
Beaucoup d’âniers, par ignorance ou par cupidité, sèvrent leurs ânes prématurément pour les vendre plus rapidement et rentrer dans leur argent plus vite. Ainsi, ils ne prennent pas de risques et font de substantielles économies. Pour justifier leur pratique, ils donnent de fausses informations aux acheteurs et les encouragent à gaver leurs ânons de moulée, de vitamines, de grains (souvent du blé que l’âne digère mal et de l’avoine qui va le rendre agressif et qui fragilise son foi)... et encouragent des pratiques qui vont nuire à la santé des ânons, qui vont rendre les ânons agressifs et nerveux. N’oublions pas également que l’ânon est également élevé par maman et l’ânier et que son caractère, sa sociabilité en sera affectée doublement. Par les effets du kwashiorkor (troubles mentaux) et par l’effet de la séparation de la mère trop tôt qui entraînera des troubles du comportement, de la sociabilité. Dans les mois qui suivent, pour l’acheteur cela va tourner au cauchemar, et si l’ânon survit, il sera revendu à vil prix et l’ânier amateur dégoûté ne voudra plus d’ânes.... L’acheteur est complice du vendeur car il accepte des pratiques nuisibles à la santé de l’ânon, chose qui est difficilement compréhensible car l’information sur les conséquences d’un sevrage trop tôt est abondante et accessible facilement. La vraie victime dans l’histoire, c’est toujours l’ânon.
Sous la pression de sites Web comme celui-ci et d’amoureux des ânes, de nombreux vendeurs ont mis sur leurs sites web ’’ pour le bien-être de nos ânons, les vendons à un an’’ et lorsque l’acheteur fait part de son impatience, ils lâchent les ânons à partir de six mois avec de très mauvais conseils ! Beaucoup assument totalement leurs pratiques, niant les conséquences et laissant partir les acheteurs avec des conseils qui vont mener à des catastrophes....

 Alors que faire ?

Acheter un ânon sevré vers un an.
Idéalement, le sevrage devra être fait après l’achat. Vous aurez ainsi vu le petit téter maman et vous serez sûr de votre fait.
Être sûr que l’ânon a bien un an ! certains vendeurs trichent sur l’âge de l’ânon pour le vendre plus tôt !

Idéalement un vendeur consciencieux vous donnera avec l’ânon, un livre sur les bonnes pratiques d’élevage, une formation d’une journée et mieux, il ne vous livrera l’ânon qu’après la crise d’adolescence de l’ânon, vers 18 mois, crise qui peut être difficile à gérer pour un ânier néophyte.

 Comment nourrir un ânon sevré trop tôt ?

Si vous avez négligé tous les conseils précédent, si votre ânesse est morte, que faire ?
Bonne question !
Il n’y a pas de rémède miracle sinon trouver une ânesse en lactation qui accepte le petit, ce qui, au Québec, serait un miracle !

Pour les ânes, à ma connaissance, il n’y a pas d’études qui ont été faites sur le sujet.
On ne peut donc qu’essayer, avec plus ou moins de réussite, de copier la nature.

L’âne a besoin de certains acides aminés essentiels comme la lysine que l’on trouve dans le lait, de la méthionine que l’on peut trouver dans l’ail et le soja, de tryptophane que l’on peut trouver dans le lait, le soja, les légumineuses.
Que donner donc à un ânon sevré trop tôt pour limiter la casse ?
Certains préconisent du foin riche, des céréales comme de l’orge, un peu de soja (tourteau), des vitamines, oligo-éléments avec le danger d’une suralimentation qui rendra l’âne nerveux et irritable.
Il faudra en permanence adapter les quantités à la croissance de l’ânon pour éviter la suralimentation.

J’ai correspondu avec un ânier expérimenté respectueux des cycles naturels qui pense qu’un foin riche avec du lait ou au pire de la poudre de lait, peut suffire avec éventuellement des compléments naturels.
Il étaye ses dire sur le fait qu’il a sauvé ainsi un ânon, nourrit au foin et au lait frais de sa vache (bio et non pasteurisé) jusqu’à l’âge d’un an après le décès de la maman.
L’ânon est épanoui et vit sans séquelles.

La pratique étant la seule théorie qui profite, si un jour je recueille un ânon sevré jeune, j’essaierais la solution du foin et du lait.


NE LUI VOLER PAS SA JEUNESSE ET SA SANTÉ
SEVREZ LE NATURELLEMENT

Molly et son ânon

Notes :
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